Arrivée territorienne

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Arrivée territorienne

Message par Vardzy Knol le Sam 23 Sep 2017 - 14:01

Fut-ce vrai, qu'une nef territorienne osa entrer au port de Porto-Vesti?

À en croire l'historien, ces gens vinrent du Nord lointain, portant encore, sur eux et leur navire, la teinte unie de leur monde d'origine. (L'on dirait aujourd'hui qu'ils semblaient venir tout droit d'un vieux film noir et blanc.) Eux-mêmes s'avisèrent approcher des côtes avaroises en voyant les courbes et les couleurs du ciel, de l'océan et de la terre en vue, composer ensemble peu à peu l'enchantement serein d'une riche peinture de maître, en laquelle il leur semblait entrer en s'immergeant.

On imagine ces deux mondes se jaugeant, passant l'un devant l'autre, à la vitesse nonchalante du lent flot, les marins de chaque bord immobiles, silencieux, sondant chacun les étonnantes différences des deux univers, avant que ne s'estompât, peu à peu, cette insolite dissonnance.

Les Avarois purent vérifier que la nef n'était point armée ni prévue pour combattre, et que l'homme se présentant légat était muni des lettres de créance de son pays. On en transmit à l'empereur le contenu :



Majesté,

Mon pays souhaiterait établir avec Votre Majesté des relations diplomatiques et de tractations d'un intérêt commun, en raison de la possession dans un passé récent par Votre nation de certaines terres du micromonde.

Dans ce but, mon pays a envoyé le porteur de la présente, Monsieur Vardzy Knol, lequel on surnomme chez nous Marteline, pour le proposer à Votre Majesté en ambassadeur auprès de Vous.

Fait en la ville d'El Futuro,
Signé :

Macsy Robespio, dit Convictine, guide de la lointaine nation plébéienne du Sud-Ouest du Continent Nord (nation autrefois appelée Bauxsigny et désormais dite du Sud-Ouest Démocratique, celle, donc, de l'union des Ouvriers et des Paysans de cette contrée)


Et quel pays ! On ne pouvait imaginer pire vauriens du micromonde, à en croire la noblesse qui les fuyait, les décrivant comme des jacques furieux, sauvages plébéiens, rebelles adonnés au diable, les plus lais, les plus sauvages qu'on pût concevoir.

Et ces envoyés du Nord craignaient bien sûr d'être arrêtés sitôt débarqués. Qu'est-ce donc qui les poussait à solliciter un entretien diplomatique ? Était-ce par inconscience, remord, ou bien provocation ?

Et Vardzy Knol fut le premier touchant la berge avec ses lettres, les susdites.

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Re: Arrivée territorienne

Message par Exarque de Villestreux le Dim 24 Sep 2017 - 8:33

La coutume avaroise imposait le respect scrupuleux des temps de repas et, pour les bien nés, du cérémonial étriqué encadrant l’arrivée de chaque plat plus élaboré que le précédent. Aucune situation, aussi malheureuse soit-elle, ne devait empêcher les fins gosiers de l’univers dans leurs obligations de table. Il n’était ainsi pas rare de voir des maréchaux faire sortir l’argenterie sous l’ombre de tours assiégées ou encore les hobereaux condamnés à morts et leurs exécuteurs partager les meilleurs mets devant le sinistre billot.

Ce jour-là ne fut pas une exception. Le chef d’escadre Étienne de Musson, baron en Guysenval, se faisait servir un thé nycéen accompagné de spéculos sur le gaillard d’un deuxième rang lorsqu’il aperçut l’engin territorien en approche. Une bonne quarantaine de vaisseaux de ligne étaient ancrés dans le Golf de Jade, chargés de poudre et de munitions.


- " Qvelle est doncqves ceſte chose ? " demanda-t-il en pressant une serviette imbibée d’eau de parfum contre sa barbiche taillée en mousquetaire. " Elle ne porte poinct de covlevrs reconnaiſſables. "

- " Une nef des contrées septentrionales, mon sievr. " répondit le premier-maître en arrivant d’un pas rapide " Elle contiendroit vne deſleſgation cherchant à être reçve par Sa Majeſté. "

- " Fovillez le navire barbare & eſcortez sovs bonne garde les voyagevrs jvsqv’à la mareſchavſſée. "

L’officier secoua une clochette ouvragée posée sur la nappe.

" Et saperlotte, mandez le chariot à liqvevrs ! "

Naturellement, les carabiniers ne savaient rien des nouveaux arrivants mais ne purent que constater leur sincérité. Après l’inspection de leurs bagages et un bref interrogatoire, ils furent invités à prendre place dans une berline afin d’entamer la route principale reliant Porto-Vesti à Acquae-Victis puis Castillon-Villeroy. Le dénommé Knol devait désormais se munir d’un chapeau et d’une épée afin de ne pas être refoulé aux grilles du Palais Aragon.

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Re: Arrivée territorienne

Message par Vardzy Knol le Dim 24 Sep 2017 - 18:14

Le légat n'était accompagné que d'un traducteur (un certain de Hoeycieuhu si je ne me trompe) qui, quant à lui, avait l'air d'un chevalier étranger, et maîtrisait les deux langues. Par lui, le dénommé Knol demanda à la maréchaussé de pouvoir se rendre chez un tailleur. Y ayant quitté ses anciens vêtements, le légat essaya une première tenue comportant un petit chapeau et une épée.

Inquiet, il demanda :
- Cela conviendrait-t-il mieux à ma mission?

Dans cet espoir, il prit place, avec le traducteur, à bord de la berline qui les attendaient. De Hoeycieuhu, par précaution, avait acquis pour Knol, et à prix d'or, plusieurs autre tenues susceptibles de pouvoir correspondre en théorie au rôle d'ambassadeur (pour ce que bien sûr des étrangers peuvent juger de ce qu'ils ne connaissent au mieux qu'approximativement).

Puis les chevaux s'élancèrent, d'un coup la berline se mut donc, pour entammer la route d'Acquae-Victis et, de là, si possible, vers Castillon-Villeroy, la capitale où, disait-on, se trouverait le Palais Aragon. Le légat, Faute d'avoir pu garder ses verres, regrettait un peu de ne plus être en mesure de voir le paysage. Malgré cela, il percevait la nouveauté pour lui de ce pays qu'il découvrait.

Knol pensait à son étrange mission, et espérait, pour celle-ci, un très hypothétique rapprochement de son pays avec l'empire.

En attendant, les choses semblaient bien suivre leur cours, et, s'il en était ainsi, l'équipage pourrait se rendre, du moins, jusqu'aux abords dudit Palais.

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Re: Arrivée territorienne

Message par Exarque de Villestreux le Mar 26 Sep 2017 - 2:20

En apprenant l’arrivée imminente des plénipotentiaires du Sud-Ouest Démocratique, les clercs archivistes du secrétariat d'État aux Affaires Étrangères procédèrent à des recherches préliminaires sur l’histoire de cet état. Ils ne purent réunir que quelques bribes d’information indiquant sa proximité géographique avec le Belondor disparu, son système plébéien, et l’évangélisation syiste de sa population il y a longtemps. Ces renseignements furent promptement communiqués au souverain, revenant justement d’inspections de terrain dans sa tenue martiale, puisqu’il était du devoir des monarques éclairés d’être instruits des affaires du monde.

La berline franchit la porte sud de la capitale aux mille clochers et s’arrêta devant un édifice de la prévôté où la délégation put s’attarder et se rendre présentable. Après quoi, l’Introducteur des Ambassadeurs passa prendre Vardzy et sa suite à bord d’un carrosse cérémoniel pour les déposer au palais. Débuta alors le rite de Cour, dernier encore d’usage dans l’Archipel, réservé pour ce genre d’occasion. Enfin, les étrangers furent annoncés à l’Empereur.


- " Mon sievr Knol. " entama le jeune chef d’état en observant sobrement son accoutrement " Qve Novs vavt ce long voyage & votre preſsence en terre avaroise ? "

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Re: Arrivée territorienne

Message par Vardzy Knol le Mar 26 Sep 2017 - 15:22

Le représentant territorien dut bien subir le rite de la cour avaroise. Il fit donc montre des meilleures dispositions, même si cela n'enchantait vraisemblablement pas ce révolutionnaire convaincu, et même si, plébéien à la fois de cœur, comme de naissance, par éducation et par politique, il semblait apprêté et gauche en cette cour. Avec la meilleure volonté, il échangea des révérences avec les courtisans, vit son accompagnateur offrir de coûteux présents à l'Introducteur des Ambassadeurs, pour que la légation du SOD obtînt si possible une entrevue assez privilégiée avec l'Empereur. Ces dons, bijoux, et miniatures, avaient d'ailleurs été prélevés au trésor que la révolution territorienne ôta à l'ex-empereur de Bauxsigny. - Pourvu, se disait Knol, que les cadeaux aient assez plu, et qu'on n'aie pas relevé leur origine à présent si gênante. -

De Hoeycieuhu, quant à lui, fut profondément ému du faste et de la richesse de la cour, et de chaque exquise merveille composant les salles de l'escalier, des séjours successifs, puis du salon jouxtant la salle du trône. Sans parler de celle-ci où le cérémonial et le sublime atteignirent leur faîte. Mais l'austère Knol, lui, voulait songer à sa seule mission, à son devoir envers son peuple, et à son idéal, et il était donc secrètement indisposé de l'éclat avarois. Pourtant ce fut à la satisfaction territorienne que le rite se poursuivit jusqu'au final :

Car, enfin, les deux hauts battants si artistement peints furent mus, la représentation territorienne annoncée. Le représentant et le traducteur firent alors révérence à l'empereur en personne.

À la question de celui-ci, Knol exprima avec simplicité le motif de sa venue, ce que de Heoeycieuhu transposa cependant non sans préciosité.

Knol espérait pouvoir dire en entier, si possible son discours. Mais il ignorait si l'empereur d'Avaricum consentirait jamais à souffrir si longues tirades assorties de demandes en faveur d'un pays plébéien et lointain... Il y avait d'ailleurs beaucoup de raisons possibles que l'empereur refusât le concours avarois.


- Sire, mon pays Vous remercie de recevoir son humble représentant en ma personne suite à l'entretient quelque peu confidentiel que nous avons sollicité avec Vous, Sire.

Des preuves et des témoignages de ce que je vais dire sont, en notre nef amarrée à Porto-Vesti, à la disposition de Vos savants.

Hélas, notre nation territorienne est victime d'attaques de chars de feu venant de la Lune ou de Mars, sans autre forme ni déclaration de guerre, ni aucun discours. À notre connaissance, ces barbares et étranges ennemis ne sont pas humains, et s'attaquent par chez nous à tout ce qui l'est, indistinctement, et sans autre raison.

Ces attaques nous poussent à étudier le dessein que nos sept millions d'habitants quittent un jour, en partie ou en totalité, leur terre, pour en trouver une autre du micromonde où pouvoir s'établir. Il ne s'agit, bien entendu, encore, à ce stade, que d'un projet, du reste pour nous colossal, mais nous voulons en étudier au mieux les conditions. Que notamment cet établissement puisse se faire avec l'aval des nations qu'il pourrait concerner, afin que cette acquisition ne soit pas contestée, mais puisse être faite en bonne forme, et que notre population puisse s'établir en paix en ce nouveau territoire, et le mettre peu à peu en valeur et civiliser.

Malgré les différences entre nos deux pays, Sire, nous sommes ainsi venus Vous confier le secret de notre infortune, dans l'espoir que, peut-être, Vous daignerez nous faire l'insigne honneur de nous conseiller ou même de nous aider à ce propos, si Vous y voyez aussi l'intérêt de Votre illustre Empire comme de Votre prochain.

Si, d'aventure, parmi les terres ayant appartenu jadis, Sire, à Votre Empire, il s'en trouvait quelqu'une, par exemple, actuellement dépeuplée, ou bien la moins chargée d'histoire, ou la plus menacée, et que Votre Majesté daignerait nous octroyer à Ses conditions et en bonne forme, aux termes par exemple d'un contrat, nos deux pays pourraient alors travailler de concert à étudier toutes les clauses d'un tel contrat, pour le bien à la fois de Votre pays comme du nôtre.

Voilà, Sire, notre humble et longue requête. Cela ne sera point grave pour nous, Sire, si aucune réponse simple et immédiate de Votre part n'était possible...

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Re: Arrivée territorienne

Message par Édouard VII le Ven 29 Sep 2017 - 2:29

Le souverain écouta sans frémir les dires du diplomate. Le simple béotien aurait ri devant la saugrenuité du récit et le plus caractériel aurait chassé le métèque la botte au séant. Mais la société avaroise était fort pieuse, donc superstitieuse, connaissant son lot hebdomadaire de manifestations prodigieuses relatées dans les gazettes des grandes villes. Après tout, n’est-ce pas une intervention miraculeuse qui avait totalement épargnée la représentation impériale lors du bombardement de Talamanca ? Et que dire des bandes de revenants interceptées dans l’ouest d’Argentorate ? Pour l’empereur, les informations rapportées méritaient au moins d’être examinées et vérifiées. La geôle et la question attendraient de toute manière les bonimenteurs et ceux osant abuser de son cœur charitable.

- " Ce sont des nouvelles bien atterrantes qve vous Novs rapportez là, Mon sievr Knol. Mais si elles s’aveſroient veſridiques & qve vos bonnes gens dvſſent émigrer de levrs contrées natales, comment povrriez-vovs être certain qve ces assavts ceſleſtes ne vovs svivroient poinct jvſqv’à voſtre patrie d'accveil ?

Ovtre plvs, les voſtres n’avroient-ils poinct svſciter l’ire divine en abandonnant l’inſtrvction des Saintes Notes ? Car enfin, Avaricvm ne s’interposera jamais entre le Seignevr & son châtiment ! Novs exigeons davantage de deſtails à propos de ces chars ardents, Mon sievr Knol ; faîtes acheminer vos preuves jvsqv’en Noſtre capitale s’il le favt. "

L’instruction syiste inculquait certes l’aide à son prochain, mais Édouard se refusait pour le moment à considérer la requête ultime du plénipotentiaire, autrement dit la concession de terres domaniales, sans qu’il n’ait reçu de plus amples renseignements. L’honnêteté de son interlocuteur devait décider du dénouement de cette audience.

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Re: Arrivée territorienne

Message par Vardzy Knol le Sam 30 Sep 2017 - 1:55

Les Territoriens n'avaient pas inventé les preuves dont ils s'apprêtaient à parler. Mais ils durent développer suffisamment, d'où leur réponse fluide mais terriblement longue (et Knol ainsi de répondre, ce que de Heoycieuhu continua de traduire en simultanée) :

- Sire, nous Vous remercions très humblement de Votre auguste bienveillance à nous prêter patiemment Votre oreille impériale.

Sire, il est vrai, nous ne sommes nullement certains que lesdits auriges célestes ne nous persécuteront pas en notre patrie d'adoption. Cependant, ils n'ont, jusqu'à présent, jamais attaqué nos navires en mer, ni nos explorateurs partis en d'autres pays. - Or nos explorateurs ont déjà pris pied en nombre dans les deux îles désertes de Rivage-Onachine et de Parjar ; car nous comptons coloniser ces îles ; et cette colonisation montrera si ces cruels ennemis venus de l'espace poursuivront en ces nouveaux lieux insulaires leurs attaques contre nous. - Pour l'heure, ces chars volants n'ont en réalité jamais attaqué de par le Micromonde que le territoire métropolitain du S.O.D.

De plus, certains Territoriens ont vus ces mystérieux auriges, et disent qu'ils ne paraissent pas du tout humains, et qu'au contraire ils ressemblent à des monstres d'aspect vaguement batracien et d'incarnat éméraldique.

Nous avons donc l'impression, Sire, que les questions politiques de notre Micromonde les dépassent trop pour qu'ils nous soient hostiles hors notre terre natale. Cependant on ne peut leur ôter, il est vrai, une certaine intelligence, par exemple en matière de charronerie.

Sire, nous Vous remercions de bien vouloir nous permettre de faire acheminer, si nécessaire, jusqu'en Votre Palais, les preuves et les témoins de nos dires.

Dors et déjà, nous proposons très humblement de Vous présenter, sans délai, ici, en Votre Salle du Trône, le contenu d'une modeste malle que nous avons pu apporter avec nous ; c'est un morceau de ruine venant de notre pays, et montrant le type d'arme dirigé contre nos gens et nos foyers…

(Des porteurs purent assurer l'arrivée de cette malle et son ouverture. En extraire le lourd contenu fut plus ardu. Et Knol reprit, en désignant successivement les deux parties de ce vestige : )


- Voici, Sire, un morceau de mur ; d'un côté de celui-ci, l'on voit, chose fort commune, plusieurs briques maçonnées. De l'autre côté du même vestige, l'on voit un solide - qui a, en fait, d'abord coulé à l'état visqueux, puis s'est solidifié -. Entre les deux, une sorte de déformation progressive des éléments assure la transition vers la fusion.

Cela montre la fusion, progressive puis parfaite, des éléments maçonnés, en un seul élément nouveau, qui ressemble à de la céramique ou du verre opaque ou du métal fondu. Cet élément nouveau et inconnu est très léger, et, cependant, il est plus dur que le diamant ; il résiste aux plus hautes températures. C'est là, nous croyons, le résultat d'un phénomène de transmutation que nos propres savants sont vraiment incapables de produire, mais il est aisé de vérifier que l'élément nouveau qui en a été le produit est d'une légèreté et d'une solidité extraordinaires.

Nous avons, Sire, en notre nef à Porto-Vesti, d'autres preuves matérielles et saisissantes du même genre ; ce sont, de même, diverses transmutations d'éléments divers en un même solide extrêmement léger et résistant, sous l'effet du rayonnement issu des chars célestes.

En notre nef, Sire, nous avons aussi amené, de notre pays, 52 témoins.

(Que Votre Majesté Impériale pardonne à notre équipage et à nos témoins de vouloir tromper notre vigilance pour fuir notre nef et demander asile en nombre à votre Empire, mais cela n'est que l'effet de l'engouement exagéré de nos gens pour Votre fort beau pays.

Cependant, si Vous ordonnez, Sire, le témoignage de tous ces gens, je crois très humblement qu'il ne faut point tarder, sinon ils seront prompts à se disperser un peu partout, dans la crainte qu'ils ont de retourner bientôt en S.O.D. sans avoir vu assez de Votre si belle et merveilleuse contrée.

Encore que faire témoigner un simple échantillon de toutes ces personnes soit bien entendu possible et même avantageusement simple s'il plaît à Votre Majesté.)

Les témoins sont d'abord trois nobles par district de notre pays, car seul cet état social est assez instruit chez nous pour pouvoir s'exprimer clairement en nautien ou autre langue littéraire intelligible en Votre Empire par Vos sujets les plus nobles et les plus instruits.

(Ces témoins ne sont du reste pas nécessairement favorables envers le nouveau régime territorien qui est le nôtre, hum, c'est là que l'effet d'une ancienne querelle entre nos états, épisode surnommé chez nous « guerre civile ». Bref, nos témoins sont véridiques, même au risque de pouvoir parler aussi en notre défaveur certaines fois.)

Les témoins nobles issus de chaque district sont : un religieux ; un enfant ; et un chevalier. Pour les adultes de qualité, il serait malaisé de les faire mentir ; quant aux enfants, même chose, outre qu'il serait facile de les confondre s'ils mentaient jamais., ce qui n'est certes pas le cas, la vérité sortant, dit-on, de la bouche des enfants.

De plus, à chaque district, nous avons choisi un couple représentatif de l'état le plus simple du lumpenprolétariat paysan, pardon, des métayers et journaliers de la paysannerie - couple qui, faute de toute instruction, parle son patois que les autres témoins pourront traduire - ; et ces gens simples, hauts en couleurs, superstitieux, n'ayant jamais rien vu que leur hameau, ignorant même les merveilleux bienfaits de la Révolution territorienne, n'ont certes pas le niveau de connaissance nécessaire à pouvoir imaginer les phénomènes célestes si étranges dont ils pourront toutefois témoigner.

Car, en vérité, il est question de… mais dois-je, Sire, résumer ces étranges récits, tous isolément incroyables, qui cependant concordent tous de manière effrayante ?

Enfin, nous avons aussi, Sire, pour témoins, une brigade de dix membres de la Jeunesse Rouge, club politique de jeunes plébéiens de la ville d'El Futuro, hum, mais…, à vrai dire, ces témoins ont été choisis par des hauts fonctionnaires de chez nous pas très habilement…

Pardon de Vous le dire, Sire, en effet, ces témoins adolescents haïssent si fervemment tout le clergé et toute la noblesse, et même les couronnes - que Votre Majesté Impériale nous pardonne ! -, qu'ils ne craindraient nullement, même au risque de leur propre mort, d'assortir leur témoignage, contre les Micromartiens, d'une attitude de franc défi contre tout ce qui n'incarne pas leur propre état social. Il serait difficile, étant donné leur candeur fanatique, de leur prêter l'intention de falsifier leur parole concernant tout ce qu'ils ont vu de leurs propres yeux.

Voilà, Sire, nos arguments, outre que Vos envoyés pourraient aussi parfaitement visiter tout notre pays pour vérifier que toutes ces attaques contre le nôtre sont hélas vraies.

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Re: Arrivée territorienne

Message par Édouard VII le Dim 1 Oct 2017 - 18:20

Effleurant lentement de sa main gantée l’échantillon de maçonnerie, Édouard nota avec intérêt la similitude du minéral fondu avec le texture du trône antique d’Alcibiade, légendaire fondateur alexandrin de la Maison des Valois. Ce siège fameux, utilisé exclusivement lors des sacres impériaux, fut en effet façonné à partir d’obsidienne générée lors du combat mythique entre le guerrier-roi et un dragon régnant alors sur la contrée inhabitée de Castillon. Seule une flamme d’une fabuleuse intensité doublée à une condition chimique très particulière auraient pu reproduire un tel phénomène sur une façade pierreuse. D’un signe discret, le monarque invita un polymathe de l’Académie présent dans l’assistance à extraire un échantillon des gravats pour l’intérêt de la science.

De même, la description des témoins présents dans les eaux avaroises suffit à chasser le reste de ses doutes. Leurs conditions fort différentes et même antinomiques signifiaient qu’ils n’auraient vraisemblablement jamais concédés à entamer ensemble un tel périple sur l’Archipel si la crainte pour leur vie ne les y avait pas forcés. Un exode semblait ainsi bel et bien inéluctable pour la population territorienne.


- " Venez. "

L’empereur se leva, descendit les marches du dais, et, sous les révérences des courtisans présents, se dirigea en compagnie de la délégation dans un salon annexe. Quelques cartes superbement tracées à la main furent acheminées en son centre sur des tableaux roulants.

" Saviez-vovs, Mon sievr Knol, qve Nos lointains ancêtres fvirent également vn terrible cataclyſme lorſqve les flots svbmergèrent Alexandrie, terre idylliqve reposant deſsormais dans les abyſſes de la Mer dv Saraland ? "

La sympathie qu’éprouvait le souverain envers ces étrangers avait donc en partie sa source dans des vicissitudes analogues, et ce malgré une Histoire presque opposée. Il posa le bout de sa canne d’apparat contre un plan.

Spoiler:


" Il s’agit là de l’étendve de Noſtre empire à son apogée, sovs le règne de fev Noſtre père, avant qve n’éclate la gverre civile. Novs y deſtenons encore qvelqves droits, en avons renoncé à d’avtres, & poſſeſdons des liaisons reſsidvelles avec certains pouvoirs locavx. Novs conſentons à vovs octroyer des terres tvrcoses ov argenoises, dont voſtre gouvernement jvgera de la svperficie neſceſſaire. Mais deſvoilez-Novs d’abord le liev où se sitvent les îles de Rivage-Onachine & de Parjar. Craignez-vovs qv’elles ne svffisent poinct à abriter tovtes vos bonnes gens ? "

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Re: Arrivée territorienne

Message par Vardzy Knol le Mer 4 Oct 2017 - 9:38

Le représentant territorien fut ému de la révélation de de l'origine de l'empire avarois. Et il sentit que le présent dialogue lierait au cœur les deux pays, même si leurs dehors politiques semblaient les plus inconciliables.

Si, en raison de ces politiques opposées, les Territoriens hésitaient presque à traiter officiellement avec les Avarois, ils ne cherchaient, en tous cas, auprès d'eux et du Sud inconnu, que la concorde et que la paix ; et l'envoyé du SOD voyait se dissiper heureusement les nuages de toute méfiance mutuelle ; Knol ressentait même pour les Avarois l'admiration que ceux-ci aient traversé les premiers la si terrible épreuve attendant les Territoriens.

Certes, il n'ignorait pas que la partie devrait se poursuivre ensuite, sans doute, suivant l'exemple des experts en droit qui avaient coutume d'inclure à tout traité des clauses plus triviales intéressant chaque pays. Knol avait d'ailleurs dans son manteau quelques articles de traité préparés de longtemps par le ministère des affaires étrangères. Et le Territorien s'attendait à de telles clauses, ou même des clauses archaïques ou exotiques, de la part des Avarois ; ce ne saurait être en tous cas un problème pour le S.O.D. si, par exemple, l'Avaricum voulait ou un loyer pour celui-ci, ou un dédommagement aux ayants droits de l'ancien régime de Bauxsigny, rois et empereurs du monde étant connus pour être liés entre eux. Le Saint-Empire pouvait aussi vouloir conserver différents droits sur les terres qu'il concéderait...

On pouvait tout imaginer en matière de traité, même une rétrocession d'une acquisition du SOD à l'Avaricum.


L'envoyé territorien répondit :


- Sire, j'ignorais cela, et je suis très touché de le savoir. Votre empire a triomphé d'une épreuve qui risque de devenir la nôtre, cela lie donc nos deux pays.

Je ne suis pas expert en géographie, mais puis vous assurer que mon pays ne compte point acquérir plus grande surface qu'il n'a ce jour.

Pour ce que je sais, mais je peux me tromper, ce que nous nommons, au SOD, Parjar et Rivage-Onachine seraient – si MM. les cartographes étrangers ne nous dédisent pas – deux îles nautiennes différentes de celle de l'O.N.A. Il est certain qu'elles n'appartinrent jamais, Sire, à votre illustre Empire. Parjar est un atoll volcanique peu engageant, et Rivage Onachine est quasi entièrement marécageuse, donc il sera difficile a priori d'y abriter une population nombreuse.

Nous ne les occupons d'ailleurs que parce que, d'une part, elles sont réputées dépeuplées, et que, d'autre part, nous pensons qu'il est sage de quitter bientôt notre terre natale pour une autre qui ne soit sujette à des attaques d'être bizarres ou monstrueux.

C'est avec bonheur, Sire, que nous adoptons le choix de Votre Majesté concernant notre futur établissement. Nous ne doutons pas que ces choix correspondront le mieux avec notre présent espoir d'acquérir d'une terre peu peuplée et dont l'histoire ne soit pas trop chargée, car il est vrai que nous avons eu à souffrir du poids trop lourd de notre propre histoire.

Précisément, mon pays serait heureux de pouvoir s'établir dans les montagnes orientales d'Argentorate, autour du Mont Noir et de la Tête du Diable, avec un accès par le Nord ou par l'Est à la mer.

Si Votre Majesté y consent, un petit morceau de Turcosie permettrait en outre à nos navires de faciliter notre migration de notre métropole bauxsignoise à son antipode argenoise.

(Le sieur Knol montra du doigt les territoires concernés. La petite histoire racontera qu'à l'éclairage des chandelles il n'y voyait goutte, et désignait approximativement ces colonies, craignant à raison de se tromper. Chose bouffonne, son doigt amputa largement un pays dont la voix pouvait peut-être déplaire à l'empereur avarois, mais celui-ci sut comprendre la demande territorienne pour ce qu'elle était : )

Spoiler:





- Il n'est pas certain, Sire, reprit Knol, que ces choix conviendront aux cartographes, peut-être mon pays leur présentera-t-il une demande moins étendue, je ne sais. Mon pays fera donc cette demande auprès d'eux, en temps utiles et en bonne forme ; nous espérons que la vérité du terrain pourra ainsi être reconnue.

Puissent donc, Sire, les Territoriens être en mesure de bénéficier, dans les faits, de la concession que Vous leur accordez si bienveillamment, même si elle est sise aux confins du monde.

D'ailleurs, Sire, puis-je Vous demander ce qu'est devenu Maramone ? Et quelle est la situation en Turcosie ? Et ce que sait Votre Empire des territoires argenois que nous Vous proposons d'acquérir ?

Je Vous propose humblement, Sire, que nos deux pays établissent le projet d'un Traité commun. Si Vous y consentez, notre Chef Suprême Macsy Robespio dit Convictine viendra à Vous et en personne le signer de sa main.

Et donc, si Traité il y a, Sire, ce que j'espère humblement, je Vous propose que nous gardions à l'esprit que, comme je l'ai dit, la situation exacte de ces lointains espaces n'est pas bien connue pour le moment, et que nous ne savons pas si nous pourrons vraiment faire leur colonie.

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Re: Arrivée territorienne

Message par Édouard VII le Sam 7 Oct 2017 - 18:23

Au préalable, Édouard s’entretint quelques instants avec des individus de confiance. La requête du diplomate ne soulevant pas d’objection, il annonça à Vardzy accepter la proposition d’implantation territorienne sans exiger de contrepartie autre que l’établissement de relations diplomatiques entre les deux états. Alors que des préposés entamaient déjà de coucher sur le papier les résultats de cet entretien, l’empereur jugea bon de répondre aux interrogations de son interlocuteur.

Maramone se trouvait presque désertée, n’abritant comme le reste des domaines demandés qu’un vestige de la population argenoise d’antan, mais disposait encore d’une grande rade intacte et de murs impressionnants. Les territoriens n’auraient aucun mal à s’approprier de telles structures pour leurs propres desseins. La situation turcose était plus incertaine, la région ayant souffert par le passé d’incursions de bandes armées nomades. Le domaine demandé bénéficiait cependant d’une position relativement privilégiée à cet égard, parsemé de rares pâtres et leurs maigres troupeaux dans un estuaire dissimulé des contrées intérieures.

Ils prirent enfin place autour d’une table où une ébauche de texte en langue françoise leur fut présentée.


TRAITÉ D’ARAGON DE 1717 (2017)

Traité d’Aragon du 7 octobre 1717 (2017) entre le Saint-Empire d’Avaricum et le Territoire Provisoire Populaire du Sud-Ouest du Continent Nord.

Le Saint-Empire d’Avaricum, représenté par Ses Ambassadeurs & Officiers accrédités, munis de Leurs pleins pouvoirs reconnus, certifiés, approuvés & acceptés comme tels,

&

Le Territoire Provisoire Populaire du Sud-Ouest du Continent Nord, représenté par Ses Ambassadeurs & Officiers accrédités, munis de Leurs pleins pouvoirs reconnus, certifiés, approuvés & acceptés comme tels,

Dénommés les Hautes Parties Contractantes, ont convenu de ce qui suit par le présent Traité :

Article Premier. – Donation territoriale

Le Saint-Empire d’Avaricum accorde une portion de ses droits et revendications territoriales dans l’Est d’Argentorate et de la Turcosie insulaire, définie par le tracé infra et limitée à celui-ci, au Territoire Provisoire Populaire du Sud-Ouest du Continent Nord, et consent au peuplement territorien des lieux octroyés.

Spoiler:





Article Deuxième. – De la souveraineté

Les Hautes Parties Contractantes se reconnaissent mutuellement comme des États exerçant sur Leurs territoires réciproques la plénitude des pouvoirs souverains. Elles s’abstiendront par conséquent de tout acte attentatoire à la souveraineté de l’autre Partie.

Article Troisième. – De la représentation diplomatique

Les Hautes Parties Contractantes établissent entre Elles des relations diplomatiques par l’intermédiaire d’une représentation, sise sur le territoire de l’autre partie.

Les droits & usages diplomatiques, notamment relatifs à la souveraineté et à la protection, s’exerceront pleinement à l’égard de cette représentation diplomatique et particulièrement à l’égard du chef de mission.

Article Quatrième. – Des relations avaro-territoriennes

Les Hautes Parties Contractantes proclament Leur respect mutuel, tâcheront d’éviter tout différend entre Elles, et s’engagent à régler tout sujet de discorde, s’il devait en advenir, par les voies diplomatiques.

Article Cinquième. – Des échanges économiques

Les Hautes Parties Contractantes mettront en place des échanges économiques ordinaires entre Elles. Ceux-ci devront être de nature à permettre à Chacune de développer Leurs activités commerciales & financières.

Article Sixième. – De la ratification

Le présent Traité n’entrera définitivement en vigueur que lorsqu’il aura été ratifié dans les formes légales propres à chacune des Hautes Parties Contractantes.

Article Septième. – De la suspension ou abrogation

Tout motif devant conduire à la suspension ou l’abrogation du Traité devra être préalablement notifié à l’autre Partie. Si le Traité est suspendu par l’une des Parties, celle-ci pourra le rétablir selon les formes légales propres à Son gouvernement.

Article Huitième. – De la dénomination

Le présent Traité, signé dans la Principauté de Castillon, sera connu sous le nom de Traité d’Aragon.

Fait à Castillon-Villeroy, en Avaricum, le sept d’octobre de l’an de grâce 1717 (2017).

[Signatures & cachets des représentants des Hautes Parties contractantes]


Dernière édition par Édouard VII le Mar 10 Oct 2017 - 20:24, édité 1 fois

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Re: Arrivée territorienne

Message par Vardzy Knol le Dim 8 Oct 2017 - 15:33

Knol écouta la traduction du Traité, et y remarqua l'absence des clauses qu'il avait imaginées. Ainsi, ce Traité serait léger, pratique, et répondrait le mieux à la situation. Le SOD n'aurait ainsi les mains liées que pour respecter en toute justice le Saint-Empire, ce qui serait, évidemment.

Mais l'envoyé territorien craignit, un bref instant, par devers lui, que l'accord, entre un empire et un état plébéien merksiste, alliance plutôt étrange, pût un jour être contesté ou devenir porteur d'enjeux ludiques.

Cependant, c'était chose certaine que, de son vivant, jamais Convictine ne voudrait trahir l'amitié avaro-territorienne. En outre, tant que le développement territorien restait une perspective lointaine, la politique du SOD demeurerait officieusement plus pragmatique que conduite en vertu de seuls principes philosophiques trop tranchés. Cela explique que, au moment de signer, le sieur Knol, s'il eut une brève hésitation, se rassura lui-même, chassant l'inopportune crainte l'ayant distrait. Puis il dit :


- Sire, ce Traité me semble parfait, ce pourquoi nous Vous remercions humblement. (Et nous avons compris qu'il s'agit à proprement parler de cession de droits et de revendications territoriaux.) Vous pouvez considérer que notre signature Vous est acquise.

Si Vous y consentez, Sire, je vais pouvoir adresser un message à mon pays pour que son Dirigeant Suprême, le sieur Macsy Robespio, lequel porte le surnom de Convictine, se présente lui-même, en Votre palais, et vienne signer en personne cet accord historique entre nos deux pays. Ensuite, certainement une simple formalité, notre Comité Central du Parti ratifiera ce Traité.

Connaissant, Sire, les moyens de communication en vigueur en Votre Saint-Empire, mon traducteur de Hoeycieuhu va pouvoir inscrire de sa plume "OUI" au message que portera ce pigeon voyageur à notre nef à Porto-Vesti. Et, dans quelques jours, ledit Convictine arrivera en Votre capitale pour la signature.

Nous avons pris note, Sire, de Vos descriptions desdits territoires, et nous Vous en remercions également.

Knol présenta aux Avarois les documents concernant l'ambassade d'Avaricum en SOD :


- Voici, sans plus tarder, Sire, l'adresse de l'ambassade de Votre Saint-Empire en SOD (là où il suffit d'"ouvrir un sujet" ) :
http://repdem.cforum.info/f28-Ambassades.htm

Elle se trouve en notre capitale El Futuro, dans le quartier de Ville Utopique Agua décrit sur ce document :
https://sites.google.com/site/rdrepubliquedemocratique/districts-et-villes/03-origodes-el-futuro/03-115-ville-otopique

Pardon, Sire, du style étrange de cette construction futurienne; Vous avez bien sûr toute liberté de faire refaire cette construction à Votre goût. Telle quelle, et bien que criblée d'impacts, elle est vaste, fort solide, et dispose notamment d'un abri souterrain tout aussi robuste.

Enfin voici un guide du voyageur récemment publié :
https://sites.google.com/site/rdrepubliquedemocratique/accueil-in-lude/guide-du-voyageur

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Re: Arrivée territorienne

Message par Édouard VII le Mar 10 Oct 2017 - 21:54

Le moment d’hésitation du plénipotentiaire lors de la signature du traité ne passa pas inaperçu. Mais elle ne surprit guère. Sur la scène internationale, Avaricum ne manquait pas la moindre occasion de claironner la perfection de son système de gouvernement tout en moquant le chaos inhérent aux " gueuses ", tandis que les régimes merksistes ne se privaient pas de rendre la pareille en vitupérant les derniers empires de l’Archipel et les puissances de l’argent.

Mais peut-être trouverait-on là une nuance qui différencierait Castillon-Villeroy de la première monarchie venue : la bourgeoisie et les banques ne tiraient pas les ficelles du pays, leur influence étant quasi-inexistante. Seul un sang bleu, plus honoré encore lorsqu’il avait abondamment abreuvé les plaines de batailles anciennes,  conférait puissance et autorité dans le pays. Cette consolation, certes bien maigre, devrait cependant suffire à exclure le Saint-Empire de la liste des nations en guerre ouverte contre les grands mouvements révolutionnaires du monde.

Sans oublier - toutes choses égales par ailleurs - que l’intérêt premier des états, leur sécurité nationale, avait tendance à supplanter les considérations doctrinales du simple politique.


- " Vn tel voyage n’est poinct dv tovt neſceſſaire. " répondit l’empereur " Le trajet seroit long & peſrillevx. Votre dirigeant se trouveroit bien mievx à reſter avx côtés de son pevple lors de cette eſpreuve difficile ; vn sentiment qv’il partage aſſvreſment. "

Un représentant de la Couronne signa à son tour.

" Par ce texte, Nos contrées inavgvrent l’ouvertvre de relations qve Nous eſpeſrons sereines & feſcondes. Qve les voſtres soient les bienvenvs en terre meſridionale & qve la Providence aſſvre la pleine reſvſſite de levr entreprise. "

Après quelques civilités de circonstance, la rencontre s’acheva et le souverain donna congé à la délégation territorienne, laquelle se verrait bientôt confier une ambassade dans l’enceinte de la capitale.

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Re: Arrivée territorienne

Message par Vardzy Knol le Jeu 12 Oct 2017 - 20:56

Le traité, signé des représentants des Hautes Parties, une copie de celui-ci fut envoyée au pays merksiste du Sieur Knol, pour ratification, laquelle paraissait devoir n'être qu'une formalité, en un pays si dominé par les partisans de Convictine.

Celui-ci fut, en réalité, fort soulagé de n'avoir pas à se rendre en Avaricum pour s'y affubler d'un chapeau et d'une épée, choses plutôt compromettantes pour un tyran révolutionnaire.

Vardzy Knol et de Hoeycieuhu firent révérence à Édouard VII, se retirèrent à reculons, avant de réaliser leur chance d'avoir mené à bien ces négociations, grâce, notamment, à la patience de l'empereur.

Le Sieur de Hoeycieuhu, bientôt promu au rang de diplomate extraordinaire et plénipotentiaire du SOD, demanda aux Avarois un lieu de Castillon-Villeroy pour pouvoir y établir une ambassade du SOD auprès du Saint-Empire.

Le ministre et diplomate Knol s'en fut, quant à lui, à d'autres affaires micromondiales; il reviendrait, peut-être, un jour, dans le fameux Golfe de Jade et dans le Castillon. Pour l'heure, ce fut, en grande tenue et le tein halé de couleurs toutes nouvelles, qu'il rejoignit la nef territorienne demeurée à Porto-Vesti.

Évidemment, la suite du périple fut moins amène à cet ambassadeur ; il fut d'abord surpris de retrouver sa nef quasi déserte : les seules personnes n'ayant pas déserté celle-ci étaient ces jeunes gens fanatiques de la Jeunesse Rouge, véritables fous de la révolution, et que l'âge n'avait pas encore tempéré. Par leurs visages fermés, et de leurs bouches osant murmurer mille insultes contre Knol, ils avouaient ouvertement leur hostilité profonde, viscérale, à toute entente avec un empire jugé barbare, chose qu'ils assimilaient à une forme de compromission impardonnable de l'idéal révolutionnaire.

Ce fut avec un soulagement certain que Knol parvint en SOD, et échappa à leur constant reproche, pour retrouver enfin son Conseil, dont tous les membres le félicitèrent, à commencer par Macsy Robespio, tyran du SOD, le "Dirigeant Suprême".

Les Territoriens allaient en effet, grâce à ce traité, pouvoir poursuivre leurs travaux sur l'éventuelle évacuation de leur territoire pour ceux qui venaient ainsi d'être théoriquement concédés.

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