La fin d’un règne

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La fin d’un règne

Message par Édouard VII le Jeu 31 Déc 2015 - 22:25

Depuis la libération précipitée de la Famille Impériale des griffes du Comté de Piemont, la liesse avait fait place à une attente anxieuse. Non pas parmi le petit peuple, ignorant presque tout de la situation réelle, mais au sein de la Cour, chaque visite d’apothicaire devenant une nouvelle source de spéculations. Les hommes de science se suivaient et repartaient la mine lugubre, manifestement incapables de soigner le mal du souverain alité. Les conditions de son emprisonnement avaient, il est vrai, été purement scandaleuses pour un homme de son rang. L’extrême humidité et le vent froid s’engouffrèrent constamment entre les murs mal éclairés le retenant lui et sa famille captifs, au point d’ailleurs de terrasser l’Impératrice Sybille-Yaffa d’Atékarone-Castillon et son plus jeune garçon, l’Infant Mithridate de Valois-Aragon.

Ce dernier s’était vu conférer le destin d’héritier de la couronne par lettres patentes datées de 1707, lorsque le monarque rompit l’usage qui voulait que le Dauphin – c’est-à-dire le premier-né – soit nécessairement le successeur au trône avarois. La mort de l’Impératrice et de l’Infant avaient toutefois changé la donne, le Dauphin Léto-Victorien de Valois-Marengo se retrouvant alors propulsé de nouveau vers un avenir qui ne lui était plus destiné. Sa sœur cadette, l’Infante Amaranthe-Kaïlea de Valois-Belfort, ne pouvait naturellement pas remplir cette fonction car étant du beau sexe en plus d’être promise à un potentat étranger. C’est donc au Dauphin, pourtant voué à une vie cléricale d’Archiexarque de Griecheborg, que se manifestèrent rapidement les premières paroles obséquieuses de courtisans qui ne lui portaient jusqu’alors pas grande attention.

La flagornerie redoubla lorsque le bruit courut que l’état du souverain avait empiré. Les moments de lucidité se firent peu à peu inexistants, puis le grabataire n’ouvrit même plus les yeux. Vers la fin, le Chancelier ne pouvait plus extraire la moindre injonction des lèvres de son maître. Certains évoquèrent alors l’idée redoutée d’une nouvelle régence, mais le souffrant ne leur en donna pas l’occasion. Entouré de ses deux enfants rétablis, de son Chambellan, de son médecin personnel, de quelques chirurgiens, des Premiers Gentilshommes de la Chambre et des Premiers Valets de Chambre, du Grand Aumônier, du Chancelier, et d’une poignée de Grands qui lui étaient très proches, Sa Majesté expira d’une consomption au petit matin du 17 Décembre 1715 alors que son Confesseur venait d’achever les derniers sacrements du Syisme.

Après un court moment de recueillement dans un silence pesant, le Chambellan souffla sur la bougie au chevet du monarque et proclama la formule d’usage : " L’Empereur est mort ! Vive l’Empereur ! ". Les individus présents se tournèrent alors vers Léto-Victorien puis s’inclinèrent et embrassèrent son anneau. Un règne illustre s’achevait en Avaricum, et nul ne savait véritablement à quoi ressemblerait le nouveau. Dans la journée, le deuil national fut déclaré, les drapeaux du palais furent mis en berne, et les courtisans se vêtirent de noir. La nouvelle se répandrait désormais aux quatre coins du monde connu.

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Re: La fin d’un règne

Message par Édouard VII le Dim 17 Jan 2016 - 17:15

Pourtant étreint par un froid hivernal, le pays fit montre de son attachement au souverain trépassé par de nombreux gestes emprunts de révérence. Les processions et messes funèbres s’enchaînèrent jusque dans les plus petits villages, et les l’on vit même aux confins des terres lointaines les colons rendre hommage au souverain. Bon nombre de notables vinrent se recueillir devant la dépouille de ce dernier au cours de la veillée mortuaire qui dura quelques jours dans une grande salle du palais Aragon tapissée de noir et de grands cierges. Puis vinrent les funérailles, solennelles et dignes, où la bière reposant sur une imposante litière fur amenée à la crypte de la Basilique Saint-Landry par un long cortège funèbre mené par les grands offices impériaux portant les attributs régaliens. Clercs, dignitaires, et membres de la famille régnante complétèrent l’escorte réglée par une étiquette rigoureuse. Le tout s’acheva par une chapelle ardente de courte durée, une messe funéraire, puis le scellage du caveau.

Vêtu de violet pour le deuil contrairement au reste de l’Empire, comme le voulait la coutume, le dauphin devenu monarque fit connaître son nom de règne : Edouard VII. Les préparations pour le sacre débutèrent dans une discrétion relative, et beaucoup espéraient que le futur Grand-Pontife ceindrait en personne de la couronne impériale le front du jeune souverain. L’heure était cependant encore aux oraisons funéraires et à la contemplation ; Castillon-Villeroy se figea alors dans une certaine austérité au moins jusqu’aux premiers jours de la nouvelle année.

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